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UNEA en action
Prévention des risques et AFEST: mettre des mots sur l'accompagnement socioprofessionnel en Entreprise Adaptée

Formaliser un travail d'accompagnement mené depuis longtemps, sans toujours le reconnaître comme tel : voilà ce que ces deux projets ont représenté pour Flore Letessier, co-dirigeante et DRH d'ELISE Lyon. Et voilà ce qui est attendu des Entreprises Adaptées dans leurs prochains CPOM et dialogues de gestion : nommer ce qu'elles font déjà.
« Avoir un regard extérieur sur ce que l'on fait »
Chez Elise Lyon, la prévention se pratique depuis plusieurs années : pôle QSE de deux ETP, travail sur les TMS (Troubles Musculo Squelettiques), en étroite collaboration avec la médecine du travail, études de postes conduites par un ergonome puis par un cabinet externe, sondages internes réguliers. Quand l'appel de l'UNEA circule pour le programme Prévention des Risques et QVCT financé par la DREETS et mené en partenariat avec l’ARACT Auvergne Rhône-Alpes, Flore Letessier répond présente, non par manque de connaissances mais pour avoir un regard extérieur et de la rigueur pour continuer d’avancer. De plus, un sujet remonte des équipes sans que personne ne sache par où le prendre : la charge de travail. Elle embarque donc ses équipes sur le projet qu’elle nomme Tempo.
« On n'arrivait pas à se mettre dessus parce qu'on n'avait pas spécialement de méthode et qu'on avait toujours des priorités autres. En passant par ce projet, on n'aurait pas le choix. Ça nous disciplinerait. »
Pour l'AFEST, même logique : le sujet figurait dans le plan d'action depuis trois ans mais c’était encore flou. L'accompagnement UNEA, financé par l’ANACT, a fourni le cadre qui manquait.
« Ce qu'on fait sans toujours savoir que ça s'appelle de l'accompagnement socioprofessionnel »
ELISE Lyon emploie 25 salariés sourds, soit environ un quart de ses effectifs. Des interprètes LSF interviennent lors des entretiens annuels et des communications importantes, pour un budget annuel de 20 000 à 30 000 euros. Les encadrants suivent des formations en langue des signes française. Pour associer salariés sourds et entendants dans la consultation Tempo, Anja Leymann, de l'ARACT, a proposé le photolangage : un outil accessible à tous, qui permet d'exprimer ce qui fait charge sans passer par l'écrit ni par la parole.
L'accompagnement déborde parfois la sphère professionnelle. Un salarié sourd ne peut pas appeler son assureur pour une fuite d'eau : le service RH monte le dossier. Un autre ne comprend pas un courrier des impôts ou de la CAF : même chose.
L'accompagnement déborde parfois la sphère professionnelle. Un salarié sourd ne peut pas appeler son assureur pour une fuite d'eau : le service RH monte le dossier. Un autre ne comprend pas un courrier des impôts ou de la CAF : même chose.
« On essaie de voir à quel point ça impacte leur vie professionnelle, dit Flore Letessier. Mais ce n'est pas toujours évident de refuser. »
Cette frontière floue, beaucoup d'Entreprises Adaptées la pratiquent sans la nommer. C'est pourtant ce que le CPOM désigne sous le terme d'accompagnement socioprofessionnel renforcé.
« Ce que les accompagnements nous ont apporté (et ce qu'ils n'ont pas apporté)
Tempo n'a pas produit de déclic. Il a confirmé ce que la structure savait déjà : tensions sur la charge de travail, irritants sur la planification, problèmes d'outils que la direction ne résout pas seule. Chez les encadrants, la redite a parfois généré de la frustration. Mais les ateliers collectifs ont produit autre chose : confrontée aux pratiques d'autres Entreprises Adaptées, Élise, récemment arrivée au service QSE, a pu situer où en était la structure. Et les comités de pilotage de rattrapage — réunions d'analyse des causes d'un dysfonctionnement — ont été testés pendant Tempo et conservés.
Sur l'AFEST, l'enthousiasme est plus net. Christophe et Ludovic, les deux encadrants engagés dans la démarche, formalisent avec Stéphane Lay, consultant missionné par l'UNEA, un processus de transmission qu'ils pratiquaient déjà mais qui nécessitait plus de méthode et d’outils. Ils apprennent à décomposer les consignes par tâches, les gestes peuvent être répétés jusqu’à qu’ils soient intégrés et le salarié fait un retour sur ce qu’il a réalisé et comment il s’y est pris. Les encadrants prévoient de répliquer la démarche sur d'autres postes dès que le cadre sera stabilisé.
Sur l'AFEST, l'enthousiasme est plus net. Christophe et Ludovic, les deux encadrants engagés dans la démarche, formalisent avec Stéphane Lay, consultant missionné par l'UNEA, un processus de transmission qu'ils pratiquaient déjà mais qui nécessitait plus de méthode et d’outils. Ils apprennent à décomposer les consignes par tâches, les gestes peuvent être répétés jusqu’à qu’ils soient intégrés et le salarié fait un retour sur ce qu’il a réalisé et comment il s’y est pris. Les encadrants prévoient de répliquer la démarche sur d'autres postes dès que le cadre sera stabilisé.
La prévention et la formation : pas question de faire l'impasse en Entreprise Adaptée
« Toutes les entreprises devraient faire de la prévention et de la QVCT, dit Flore Letessier. Mais de par notre mission envers des salariés éloignés de l'emploi et en situation de handicap, on a une double responsabilité. L'idée, c'est de leur redonner confiance et de les mettre dans des conditions favorables pour qu'ils puissent se développer. Si on n'est pas capable de les accompagner en sécurité et en qualité, on ne fait pas notre boulot. »
Dans une Entreprise Adaptée, prévention des risques et accompagnement socioprofessionnel ne forment pas deux chantiers distincts. ELISE Lyon le pratique depuis des années. Elle a trouvé, avec ces deux programmes, le moment de s'arrêter pour le regarder en face — et les mots pour le dire.
ELISE Lyon, Entreprise Adaptée spécialisée dans la collecte et tri de déchets tertiaires dans la métropole lyonnaise emploie 100 salariés, dont 65 % en situation de handicap (RQTH) et environ 25 % de salariés sourds.
Flore Letessier, co-dirigeante et DRH
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