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Editorial

Une rentrée sous tension, mais une détermination intacte

Publiée le 02 septembre 2026 par Joseph BLOMBO
Cet été nous laisse un goût amer.
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BLOMBO Joseph

Après les épisodes de canicule, les incendies meurtriers et les désastres écologiques qui ont frappé notre pays et plusieurs territoires, cette rentrée s’ouvre dans un climat de gravité. À ces événements s’ajoutent une situation économique dégradée, des entreprises sous tension et un marché de l’emploi qui se durcit, particulièrement pour les personnes en situation de handicap.

Dans ce contexte, notre responsabilité collective est immense.

Pour les Entreprises Adaptées, cette rentrée s’ouvre également sous le signe d’une profonde inquiétude.

Les orientations budgétaires annoncées pour 2027 et les perspectives concernant les crédits du ministère chargé du Travail ne peuvent que nous alerter. Nous l’avons dit aux parlementaires avant l’été : les Entreprises Adaptées n’ont désormais plus de marge de manœuvre.

En 2026, elles ont déjà dû absorber une diminution des moyens alors même que les besoins augmentent. Le paradoxe est frappant : plus de 565 000 demandeurs d’emploi en situation de handicap sont aujourd’hui inscrits à France Travail, tandis que les moyens consacrés aux Entreprises Adaptées diminuent, avec environ 800 ETP non financés.

Les dirigeants ont pris leurs responsabilités. Ils ont cherché à préserver les emplois existants, parfois au prix du report de recrutements, du non-remplacement de départs ou de l’abandon de projets de développement. Les résultats de notre enquête nationale menée avant l’été le confirment : ces arbitrages ne sont déjà plus théoriques, ils produisent des effets très concrets sur l’emploi.

Une nouvelle diminution des crédits en 2027 changerait de nature.

Il ne s’agirait plus de demander aux Entreprises Adaptées de nouveaux efforts de gestion ou d’optimisation : ces efforts ont été faits. Une nouvelle baisse conduirait nécessairement à des destructions d’emplois.

Et ce serait un choix particulièrement paradoxal.

Car réduire les moyens consacrés aux Entreprises Adaptées ne signifie pas seulement réduire une dépense publique. C’est aussi renoncer à des emplois, à des cotisations sociales, à des recettes fiscales, à de la consommation, à de l’activité économique dans nos territoires et à des dépenses sociales évitées.

Les travaux que nous avons présentés aux parlementaires le démontrent : le gain socio-économique généré par l’activité d’un salarié en Entreprise Adaptée est estimé à 13 800 euros par an. Ils montrent également qu’à partir d’une rémunération équivalente à 107,3 % du SMIC, un salarié en Entreprise Adaptée contribue davantage aux finances publiques qu’il ne coûte à la collectivité.

Affaiblir les Entreprises Adaptées pour réaliser des économies serait donc un mauvais calcul budgétaire, politique, autant qu’un mauvais choix pour l’emploi.

C’est le message que nous porterons avec force dans les prochaines semaines.

2027 : nous avons besoin de visibilité et de stabilité

Cette rentrée ouvre en effet une séquence politique majeure. À quelques mois d’une année présidentielle, nous entrepreneurs sociaux et notre pays avons plus que jamais besoin de visibilité, de responsabilité et de stabilité.

Nous appelons donc le Gouvernement et l’ensemble des forces parlementaires à prendre leurs responsabilités pour permettre à la France de se doter d’un véritable budget pour 2027. Le jeu démocratique, pendant la période politique qui s’ouvre, se focalisera sur des désaccords légitimes. Mais ils ne doivent pas conduire à installer durablement les entreprises et leurs salariés dans l’incertitude.

Les Entreprises Adaptées ne peuvent pas revivre les incertitudes d’une loi spéciale, attendre plusieurs mois pour connaître les moyens dont elles disposeront et piloter leurs recrutements, leurs investissements et leurs projets sans visibilité budgétaire.

Derrière une ligne de crédits, il y a des entreprises. Derrière ces entreprises, il y a des dirigeants qui doivent décider, investir et recruter. Et surtout, il y a des femmes et des hommes qui ont besoin que nous leur ouvrions des perspectives professionnelles.

C’est pourquoi nous ne voulons pas céder au pessimisme.

Les Entreprises Adaptées ont traversé de nombreuses transformations. Elles ont démontré leur capacité à conjuguer performance économique, performance sociale et performance territoriale. Elles représentent aujourd’hui près de 800 entreprises, 58 000 salariés et plus de 42 000 personnes en situation de handicap en emploi. Elles produisent, innovent, forment, recrutent et contribuent au dynamisme de tous nos territoires.

Vous l’aurez compris  les prochains mois seront décisifs.

Alerter, mais aussi proposer

L’UNEA prendra toute sa part dans ce débat. Nous irons à la rencontre des parlementaires, du Gouvernement et de l’ensemble de nos partenaires. Nous continuerons à documenter les effets des décisions budgétaires, mais aussi à proposer des solutions.

Car notre démarche ne consiste pas seulement à alerter. Nous portons des propositions concrètes : garantir un budget à la hauteur des besoins, sécuriser les crédits destinés aux Entreprises Adaptées, notifier les dotations plus tôt, renforcer le pilotage national et construire enfin une trajectoire pluriannuelle donnant aux dirigeants la visibilité indispensable pour agir, investir et recruter.

Mais cette mobilisation doit être collective.

Une mobilisation qui doit être collective

J’appelle donc chaque dirigeante et chaque dirigeant d’Entreprise Adaptée à se mobiliser dans son territoire, à faire connaître ses réalisations, ses projets, les emplois qu’elle crée et les parcours qu’elle rend possibles, mais aussi les conséquences très concrètes que pourraient avoir de nouvelles restrictions budgétaires.

Nous devons montrer ce que nous apportons à notre pays.

Et nous devons rappeler une évidence : alors que l’accès à l’emploi des personnes en situation de handicap se dégrade, la France ne peut pas se permettre d’affaiblir ceux qui créent des solutions.

Cette rentrée est difficile. Elle doit aussi être celle de notre mobilisation.

Parce que défendre les Entreprises Adaptées, ce n’est pas défendre un dispositif ou une ligne budgétaire. C’est défendre une certaine conception de l’économie : une économie dans laquelle chacun peut trouver sa place, contribuer par son travail et participer à la création de richesse.

Les Entreprises Adaptées ne demandent pas que l’on préserve une dépense. Elles demandent que la Nation continue d’investir dans ce qui fonctionne.

C’est avec cette conviction, et avec une détermination intacte, que nous abordons cette rentrée.

Joseph Blombo

Président de l’UNEA

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Rencontre Joseph Blombo, président de l'UNEA avec le député Elie CALIFER