UNEA - Union Nationale des Entreprises Adaptées
Published on UNEA - Union Nationale des Entreprises Adaptées (https://www.unea.fr)

Accueil > Communiqué de presse - PLF 2026 : jusqu’à 3 000 emplois de personnes en situation de handicap menacés

Retour à la liste des actualités
UNEA en action

Communiqué de presse - PLF 2026 : jusqu’à 3 000 emplois de personnes en situation de handicap menacés

Publiée le 03 février 2026 par Sébastien CITERNE
Alors que le chômage des personnes en situation de handicap progresse fortement, l’annulation de crédits pourtant votés par le Parlement dans le cadre du PLF 2026 met en péril près de 3 000 emplois au sein des Entreprises Adaptées. Une décision incompréhensible, aux lourdes conséquences sociales et économiques.
  • Partager cette page sur Facebook
  • Partager cette page sur Twitter
  • Partager cette page sur LinkedIn
  • Partager cette page sur Viadeo
  • Envoyer à un ami
  • Print
Communiqué de presse

Des crédits votés… puis annulés sans concertation

Après plusieurs semaines de débats parlementaires, un amendement transpartisan avait permis de rétablir les crédits alloués aux Entreprises Adaptées à hauteur de 22,3 millions d’euros, soit un retour au niveau du budget 2025.
Ce vote, intervenu successivement en commission des finances à l’Assemblée nationale puis en séance publique au Sénat, traduisait une reconnaissance claire du rôle essentiel des Entreprises Adaptées dans l’accès à l’emploi des personnes en situation de handicap.

Pourtant, dans la version finale du projet de loi de finances pour 2026, ces crédits ont été purement et simplement annulés par le biais d’amendements gouvernementaux, sans concertation avec les acteurs concernés ni justification publique des arbitrages retenus.

Un contresens social dans un contexte de forte hausse du chômage

Cette décision intervient dans un contexte particulièrement préoccupant.
Depuis 2022, le nombre de demandeurs d’emploi en situation de handicap a augmenté de 16 %, soit plus de 62 000 personnes supplémentaires inscrites à France Travail.

Dans le même temps, la baisse des moyens prévue par le PLF 2026 pour les Entreprises Adaptées conduirait à la suppression de près de 3 000 postes équivalents temps plein, réduisant ainsi l’un des leviers les plus efficaces d’accès à l’emploi pour des personnes durablement éloignées du marché du travail.

Le maintien des crédits au niveau de 2025 traduisait un choix de cohérence et de responsabilité sociale. Leur remise en cause créera des tensions majeures dans les territoires et entraînera des destructions d’emplois pourtant évitables.

Une rupture des engagements de l’État

Au-delà de l’impact immédiat sur l’emploi, la version finale du PLF 2026 déstabilise profondément les Entreprises Adaptées engagées dans des contrats pluriannuels d’objectifs et de moyens (CPOM) avec l’État.
Ces contrats ont été construits sur la base de trajectoires budgétaires désormais remises en cause.

En annulant des crédits votés par le Parlement, l’État rompt de fait ses engagements, fragilisant l’équilibre économique des Entreprises Adaptées et mettant en risque l’emploi de milliers de salariés en situation de handicap.

Un choix économiquement absurde

Ce recul budgétaire est d’autant plus difficile à comprendre qu’il contredit les données objectives disponibles.
Une étude menée avec Rydge Conseil démontre qu’un emploi en Entreprise Adaptée génère en moyenne 13 800 euros de gain social net par an pour les finances publiques.

Le retour sur investissement est positif : chaque euro investi rapporte plus d’un euro à la collectivité, grâce à la réduction des dépenses sociales et à l’augmentation des recettes fiscales et sociales.
Affaiblir un dispositif qui se rembourse lui-même relève donc d’un contresens économique et budgétaire.

L’UNEA appelle à un réexamen des arbitrages

Face à cette situation, l’Union Nationale des Entreprises Adaptées, aux côtés d’APF France Handicap, de l’UNAPEI, de la Fédération APAJH, de l’ANRH et de la FEHAP, appelle solennellement le Gouvernement à revenir sur ces arbitrages et à respecter les choix exprimés par le Parlement.

Soutenir les Entreprises Adaptées, ce n’est pas une dépense supplémentaire :
c’est un investissement public utile, mesurable et efficace, au service de l’emploi des personnes en situation de handicap, de la cohésion sociale et des territoires.

Ressources

communique_de_presse_-_plf_2026 (Pdf, 182.87 KB)