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Entreprises Adaptées et emploi des personnes handicapées : l'UNEA reçue par la ministre Camille Galliard-Minier

Publiée le 03 Juin 2026 par Sébastien CITERNE
L’UNEA a été reçue le 2 juin par Camille Galliard-Minier, ministre de l’Autonomie et des Personnes handicapées, accompagnée de son conseiller emploi Grégory Wirth. Cette rencontre intervient dans un contexte marqué par une hausse de plus de 15 % du nombre de demandeurs d'emploi en situation de handicap depuis fin 2023 et par les travaux préparatoires de la Conférence nationale du handicap 2026.
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Rencontre de la délégation de l'UNEA avec la Ministre en charge des personnes handicapées Camille Gaillard-Minier

La délégation de l’UNEA était composée de Julia Barone, vice-présidente de l’UNEA, Fabrice Van Kote, membre du Bureau en charge de la communication, et Sébastien Citerne, délégué général. Elle était accompagnée d’Hortense de Cacqueray du cabinet Anthenor, qui accompagne l’UNEA dans ses relations institutionnelles.

Cette rencontre a permis de rappeler le rôle essentiel des Entreprises Adaptées dans la politique de plein emploi inclusif et de porter plusieurs propositions concrètes destinées à renforcer l’accès et le maintien dans l’emploi des personnes en situation de handicap.

Les Entreprises Adaptées, un acteur incontournable du plein emploi inclusif

L’UNEA a rappelé que les Entreprises Adaptées constituent aujourd’hui un maillon essentiel de la politique de l’emploi des personnes en situation de handicap.

Présentes dans plus de 250 métiers et dans l’ensemble des territoires, elles emploient chaque année près de 58 000 salariés, dont plus de 42 000 personnes en situation de handicap. Entreprises de droit commun, elles conjuguent performance économique et mission sociale en proposant des emplois durables dans un environnement de travail adapté.

Les Entreprises Adaptées contribuent pleinement aux objectifs de plein emploi, de réindustrialisation, de souveraineté économique et de développement des territoires. Elles permettent à des milliers de personnes éloignées de l’emploi de retrouver une activité professionnelle durable tout en répondant aux besoins économiques de leurs clients publics et privés.

Un public qui évolue et des parcours à sécuriser

L’UNEA a également attiré l’attention de la ministre sur l’évolution profonde du public accueilli au sein des Entreprises Adaptées.

Près d’un salarié sur deux a aujourd’hui plus de 50 ans. Les recrutements interviennent de plus en plus souvent après des ruptures de parcours dans l’emploi classique : inaptitudes, usure professionnelle, accidents de la vie, maladies chroniques ou dégradation progressive de l’état de santé.

Les Entreprises Adaptées deviennent ainsi, pour de nombreux travailleurs en situation de handicap, une solution de maintien dans l’emploi après plusieurs années de vie professionnelle.

Cette évolution renforce leur responsabilité dans l’accompagnement des parcours professionnels. Leur mission ne consiste pas uniquement à créer des emplois mais également à permettre à chaque salarié de construire un projet professionnel durable en tenant compte de ses aspirations, de son état de santé, de ses compétences et de ses perspectives d’évolution.

Dans le cadre de l’accompagnement socio-professionnel prévu par la loi et conformément au principe d’autodétermination, les Entreprises Adaptées ont vocation à présenter à chaque salarié l’ensemble des solutions qui s’offrent à lui : évolution au sein de l’entreprise, mobilité vers un autre employeur privé ou public, accès à la formation, reconversion ou adaptation du projet professionnel.

L’objectif n’est pas d’imposer un parcours unique mais de permettre à chacun de choisir librement la solution la plus adaptée à sa situation afin de construire un emploi durable et de qualité.

Une situation de l’emploi qui se dégrade pour les personnes en situation de handicap

L’UNEA a également alerté la ministre sur l’évolution récente du marché du travail.

Après plusieurs années de baisse, le nombre de demandeurs d’emploi en situation de handicap connaît une progression préoccupante. Plus de 565 000 bénéficiaires de l’obligation d’emploi des travailleurs handicapés sont aujourd’hui inscrits à France Travail, contre un peu plus de 468 000 fin 2023.

Leur poids dans l’ensemble des demandeurs d’emploi dépasse désormais 10,9 % et continue de progresser. Plus de la moitié d’entre eux ont plus de 50 ans et près de 34 % sont inscrits depuis plus de deux ans.

Pour l’UNEA, cette évolution confirme la nécessité de renforcer les politiques publiques favorisant l’emploi durable des personnes en situation de handicap et de s’appuyer davantage sur les solutions qui démontrent leur efficacité.

Budget 2026 : l’UNEA appelle à davantage de concertation et de visibilité

La question budgétaire a occupé une place importante dans les échanges.

L’UNEA a regretté le manque de concertation qui a entouré la préparation du budget 2026. Les premières hypothèses étudiées au cours de l’exercice budgétaire auraient pu conduire à une réduction proche de 30 millions d’euros des crédits consacrés aux Entreprises Adaptées, avec des conséquences potentiellement catastrophiques pour l’emploi des personnes en situation de handicap.

Face à cette situation, l’UNEA a défendu une position responsable auprès du gouvernement et du Parlement. Elle n’a pas demandé d’augmentation budgétaire mais simplement le maintien du niveau de financement de 2025, estimant que celui-ci permettait de couvrir les besoins réels présents dans les Entreprises Adaptées.

Les résultats de l’exercice 2025 confirment aujourd’hui la pertinence de cette analyse. Le niveau de crédits voté était globalement en capacité de couvrir les besoins des structures.

Toutefois, malgré les travaux conduits avec la DGEFP dans le cadre du groupe de travail « Performance » et les nombreuses propositions formulées pour améliorer le pilotage des aides au poste, les mécanismes de redistribution des enveloppes entre les différents niveaux de gestion ont de nouveau montré leurs limites.

Cette situation a conduit à un non-financement estimé à près de 10 millions d’euros d’aides au poste correspondant pourtant à des salariés effectivement présents dans les Entreprises Adaptées.

L’UNEA a rappelé que les difficultés de pilotage des moyens alloués aux Entreprises Adaptées ne doivent plus se reproduire et a demandé une meilleure visibilité pluriannuelle, une notification plus précoce des enveloppes ainsi qu’une sécurisation des cadres contractuels permettant aux entreprises de piloter leur activité dans des conditions économiques stables.

Cette question budgétaire n’est pas neutre. Contrairement à d’autres dispositifs reposant majoritairement sur des parcours temporaires, les Entreprises Adaptées emploient très majoritairement leurs salariés dans le cadre d’emplois durables, principalement en contrat à durée indéterminée.

Dans ce contexte, toute diminution des aides au poste produit un effet direct sur le niveau d’emploi. Les arbitrages retenus pour 2026 représentent l’équivalent d’environ 800 emplois à temps plein financés en moins au sein des Entreprises Adaptées.

Au-delà de l’impact sur l’emploi des personnes en situation de handicap, ces réductions fragilisent également les équilibres économiques des structures. Les aides au poste constituent en effet la compensation des conséquences du handicap supportées par les employeurs. Leur diminution ne se traduit pas uniquement par une baisse des recrutements : elle peut conduire à dégrader durablement les modèles économiques de certaines Entreprises Adaptées, déjà confrontées à un contexte économique tendu, à l'augmentation des coûts et à une concurrence accrue.

Pour les structures les plus fragiles, l’enjeu n’est donc pas seulement celui du développement de l’emploi mais bien celui de leur pérennité économique et de leur capacité à poursuivre leur mission sociale au service des personnes en situation de handicap.

Les priorités portées par l’UNEA pour la CNH 2026

Rendre effectif le cumul AAH – salaire

L’UNEA a rappelé la nécessité de mettre en œuvre pleinement l’engagement annoncé lors de la Conférence nationale du handicap 2023 concernant le cumul de l’Allocation aux Adultes Handicapés (AAH) avec un salaire au-delà d’un mi-temps.

Cette mesure est essentielle pour lever les freins à la reprise d’activité et éviter que certaines personnes en situation de handicap ne soient pénalisées financièrement lorsqu’elles souhaitent augmenter leur temps de travail.

Appliquer la mutualisation du coût des maladies professionnelles

L’UNEA a également demandé la mise en œuvre effective de la mutualisation du coût des maladies professionnelles des bénéficiaires de l’obligation d’emploi des travailleurs handicapés.

Votée dans le cadre de la loi de financement de la sécurité sociale pour 2025, cette disposition doit permettre de mieux répartir entre l’ensemble des employeurs les conséquences financières liées aux parcours professionnels parfois plus fragiles des travailleurs handicapés.

Mobiliser davantage la commande publique

Enfin, l’UNEA a plaidé pour une mobilisation plus ambitieuse de la commande publique au service de l’emploi inclusif.

Avec plus de 200 milliards d’euros d’achats chaque année, la commande publique constitue un levier majeur pour soutenir le développement des Entreprises Adaptées, favoriser les partenariats économiques inclusifs et encourager la création d’emplois durables sur l’ensemble du territoire.

Les Entreprises Adaptées au cœur de la réussite de la CNH 2026

Cette rencontre a permis de partager avec la ministre, les constats et les propositions portés par l’UNEA dans le cadre des travaux préparatoires de la Conférence nationale du handicap 2026.

retrouvez la contribution de l'UNEA

Pour l’UNEA, les Entreprises Adaptées doivent être pleinement reconnues comme des acteurs du plein emploi inclusif, des solutions d’emploi durable pour les personnes les plus éloignées de l’emploi, des facilitateurs de transitions professionnelles lorsqu’elles sont souhaitées par les salariés, mais également comme des leviers de développement économique et de cohésion sociale.

Dans un contexte marqué par l’augmentation du nombre de demandeurs d’emploi en situation de handicap, investir dans les Entreprises Adaptées n’est pas une dépense supplémentaire : c’est un choix stratégique au service d’une société plus inclusive et d’une économie plus performante.

Alors que le nombre de demandeurs d'emploi en situation de handicap dépasse désormais 565 000 personnes, l'UNEA appelle les pouvoirs publics à faire des Entreprises Adaptées un levier central de la politique de plein emploi inclusif. Les Entreprises Adaptées ne constituent pas seulement une réponse sociale : elles représentent une solution économique performante, créatrice d'emplois durables et génératrice de valeur pour l'ensemble de la société.

Poursuivre le dialogue au plus près des territoires

L’UNEA tient à remercier Camille Galliard-Minier, ministre de l’Autonomie et des Personnes handicapées, ainsi que ses équipes pour la qualité de leur écoute et l’attention portée aux enjeux de l’emploi des personnes en situation de handicap.

À cette occasion, l’UNEA a proposé à la ministre de venir à la rencontre des Entreprises Adaptées lors de ses prochains déplacements en région. Présentes sur l’ensemble du territoire national et dans plus de 250 métiers, les Entreprises Adaptées constituent des acteurs économiques de proximité qui apportent chaque jour des réponses concrètes aux enjeux d’inclusion, de maintien dans l’emploi et de développement économique local.

L’UNEA se tient à la disposition de la ministre et de son cabinet pour faciliter l’identification de structures susceptibles d’être visitées et pour permettre des échanges directs avec les dirigeants, les salariés et les partenaires qui font vivre au quotidien ce modèle d’entreprise conciliant performance économique et utilité sociale.